Si vous avez de la tension et que la maca vous attire, voici l’essentiel : les études humaines sont contradictoires, aucune ne démontre que la maca contrôle une hypertension, et elle ne remplace jamais un antihypertenseur. Un essai ne trouve aucun effet sur la pression, une petite étude observe une baisse de la diastolique, une autre une hausse. Nous vous proposons de faire le tour de ces données ensemble, simplement, pour que vous puissiez en discuter sereinement avec votre médecin ou votre pharmacien avant de commencer une cure.
En bref
- Les résultats sur la tension artérielle sont contradictoires : aucun effet, légère baisse ou légère hausse selon les études et les profils.
- La maca ne remplace pas un traitement antihypertenseur : ne modifiez ni ne stoppez jamais un médicament de votre propre initiative.
- Les interactions avec les médicaments sont encore peu documentées : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute cure.
- En France, l’ancienne Afssa (devenue Anses) n’a pas pu conclure à l’absence de risque, d’où une vigilance particulière en cas d’hypertension.
- Surveillez votre tension comme d’habitude et gardez votre suivi médical : c’est la meilleure façon d’avancer sereinement.
Table des matières
- 1. Pourquoi la question se pose
- 2. Ce que montrent les études chez l’humain
- 3. Maca et traitement antihypertenseur : la règle d’or
- 4. Ce que disent les autorités sanitaires
- 5. Interactions médicamenteuses : ce que l’on sait
- 6. Effets indésirables et dose : avancer en douceur
- 7. Qui doit demander un avis avant de commencer ?
- 8. Bien choisir sa maca quand on est attentif à sa tension
- Notre point de vue
- Passer à l’action, en toute sérénité
- Questions fréquentes
- Sources
1. Pourquoi la question se pose
La maca (Lepidium meyenii) est cette racine des Andes que nous aimons tant, un vrai trésor de la nature, associé à l’énergie, à la vitalité et à l’équilibre hormonal. Beaucoup de lecteurs nous écrivent la même chose : « J’ai de la tension, est-ce que je peux en prendre ? » Ou à l’inverse : « Est-ce que la maca peut faire baisser ma tension ? »
La curiosité est légitime. Des travaux de laboratoire ont mis en évidence, dans les protéines de la racine, des peptides capables d’inhiber l’enzyme de conversion de l’angiotensine, la fameuse ACE, qui est justement la cible de certains médicaments contre l’hypertension. Une étude de 2023 a ainsi identifié six peptides inhibiteurs de l’ACE dans un hydrolysat de protéines de maca, dont l’un avec une IC50 de 5,01 μM.
Attention pourtant : ce qui fonctionne dans une éprouvette ne se retrouve pas forcément dans votre assiette ou dans votre gélule. Une revue publiée en 2024 dans Frontiers in Pharmacology met en garde contre l’extrapolation de ces résultats précliniques aux patients traités pour une hypertension. Voyons ce que donnent les essais chez l’humain.

2. Ce que montrent les études chez l’humain
Trois travaux reviennent systématiquement. Ils ne vont pas dans le même sens, et c’est précisément ce qui rend la prudence de mise.
Un essai sans effet sur la pression
L’essai randomisé en double insu contre placebo de Gonzales-Arimborgo et son équipe (2016) a inclus 175 adultes. Ils ont reçu 3 g par jour d’extrait de maca rouge ou noire pendant 12 semaines. Que ce soit à basse altitude (Lima, 150 m) ou à haute altitude (Cerro de Pasco, 4 340 m), la pression systolique et la pression diastolique n’ont pas varié par rapport au placebo.
Une petite étude avec baisse de la diastolique
Chez 29 femmes postménopausées de Hong Kong, une étude pilote a testé 3,3 g par jour pendant 6 semaines. Les chercheurs ont observé une baisse des pressions systolique et diastolique par rapport aux valeurs de départ. Mais la baisse systolique est aussi apparue avec le placebo : seule la baisse de la diastolique était significative par rapport au placebo. L’échantillon est petit et la durée courte, ce sont des résultats prometteurs à confirmer, pas une preuve.
Une hausse modérée de la diastolique
L’étude de Valentová et ses collègues (2008, Food and Chemical Toxicology) a suivi 101 personnes atteintes de syndrome métabolique pendant 90 jours, avec 600 mg par jour de poudre de racine. L’avis de l’Afssa du 2 juillet 2008 rapporte une augmentation significative de la pression diastolique et du taux d’ASAT, une enzyme hépatique. Les auteurs concluent que cet effet doit être pris en compte lors de l’usage de fortes doses, et qu’il pourrait être inversé par une supplémentation en silymarine.
Le tableau d’ensemble
| Étude | Participants | Dose et durée | Effet sur la tension |
|---|---|---|---|
| Gonzales-Arimborgo, 2016 | 175 adultes | 3 g/jour d’extrait, 12 semaines | Aucune variation versus placebo |
| Stojanovska, 2014 | 29 femmes postménopausées | 3,3 g/jour, 6 semaines | Baisse de la diastolique versus placebo |
| Valentová, 2008 | 101 sujets avec syndrome métabolique | 600 mg/jour de poudre, 90 jours | Hausse modérée de la diastolique |
Ces trois résultats ne se contredisent pas tant qu’ils ne se comparent pas : populations, formes de maca, doses et durées diffèrent. Voilà pourquoi aucune conclusion solide ne se dégage aujourd’hui pour les personnes hypertendues. Pour aller plus loin sur la lecture de ces travaux, notre dossier Maca études : que révèle vraiment la science détaille la méthode.
3. Maca et traitement antihypertenseur : la règle d’or
C’est le point sur lequel nous insistons le plus, avec chaleur mais sans ambiguïté : la maca ne remplace pas un antihypertenseur. Une tension élevée ne se ressent pas toujours. On peut se sentir plein d’énergie et avoir une pression mal contrôlée. L’inverse est vrai aussi : une sensation de calme ou de tonus n’indique pas que votre tension va bien.
Concrètement :
- Ne réduisez pas et n’arrêtez pas votre traitement parce que vous commencez une cure. Toute modification se décide avec votre médecin.
- Prévenez votre médecin ou votre pharmacien avant de démarrer, en leur donnant la composition exacte du produit (poudre ou extrait, dose par jour).
- Continuez à mesurer votre tension comme votre médecin vous l’a indiqué, et notez les valeurs pendant la cure.
- Signalez tout changement : maux de tête inhabituels, palpitations, vertiges, nervosité.
Ce réflexe vous protège et permet d’aborder la maca dans les meilleures conditions, avec un suivi qui reste le vôtre.
4. Ce que disent les autorités sanitaires
En France, la maca est vendue comme complément alimentaire, mais elle fait l’objet d’une attention particulière. Selon la fiche Vidal, l’ancienne Afssa (aujourd’hui Anses) n’a pas pu conclure à une absence de risque, sans pour autant interdire la vente de ces compléments. La prudence y est recommandée. Dès son avis de 2004, l’agence soulignait que les études chez l’homme étaient insuffisantes pour conclure à l’innocuité sur l’équilibre hormonal, et que les données parcellaires ne permettaient pas d’écarter d’autres risques.
Au Canada, Santé Canada a examiné une demande concernant l’extrait de racine de maca. Il a estimé que les données étaient insuffisantes et a réclamé des informations sur l’innocuité chez les personnes hypertendues et sur le risque d’interaction avec les médicaments via le cytochrome P450. Il précise aussi que la concentration des composants d’un extrait ne peut pas être présumée identique à celle de la racine en poudre. Autrement dit, poudre et extrait ne sont pas interchangeables, ce qui compte pour choisir sa forme.

Ces éléments ne sont pas là pour vous faire peur. Ils expliquent pourquoi, quand on a de la tension, on avance avec un avis médical plutôt qu’à l’instinct. Notre page sur les contre-indications de la maca reprend ces points pour chaque profil.
5. Interactions médicamenteuses : ce que l’on sait
Les données sur les interactions entre maca et médicaments sont minces. Un cas décrit dans la revue de Frontiers in Pharmacology (2024) concerne un homme de 64 ans souffrant d’hypertension avec insuffisance cardiaque : l’association de la maca et d’un antidépresseur, la miansérine, aurait entraîné une hausse de la concentration sanguine du médicament et un syndrome des jambes sans repos, avec l’hypothèse d’une inhibition du CYP3A4. Ce cas figure aussi dans une revue rétrospective de 1 816 rapports d’effets indésirables portant sur les adaptogènes et les antidépresseurs, qui rappelle que l’inhibition du CYP et de la p-glycoprotéine peut produire des effets cliniquement significatifs.
Un cas isolé ne prouve pas un risque général. Il illustre simplement une chose : quand on prend plusieurs traitements, comme c’est souvent le cas avec une hypertension, il vaut mieux faire examiner la liste complète par un pharmacien ou un médecin plutôt que d’évaluer la maca seule. Pour approfondir, découvrez notre page sur maca et interactions médicamenteuses.
6. Effets indésirables et dose : avancer en douceur
Les effets indésirables rapportés dans la littérature restent en général discrets. Dans l’étude de Dording (2008), 3 g de poudre par jour pendant 12 semaines ont provoqué, chez certains participants, des troubles digestifs transitoires, des maux de tête et de l’irritabilité. Deux cas isolés ont aussi été décrits : un saignement vaginal chez une femme de 24 ans et un épisode maniaque chez un homme de 27 ans sans antécédent psychiatrique. Une nervosité est parfois signalée au-delà de 3 g par jour.
La logique de prudence qui en découle est simple, surtout si vous avez de la tension :
- Commencez bas et augmentez progressivement, plutôt que de viser d’emblée la dose maximale.
- Restez dans des doses modérées, en vous souvenant que l’effet observé sur la diastolique en 2008 concernait de fortes doses chez des personnes à risque métabolique.
- Un seul changement à la fois : ne démarrez pas la maca en même temps qu’un autre complément ou qu’un nouveau médicament, pour savoir d’où vient une éventuelle réaction.
- Évitez le café en excès pendant les premiers jours si vous vous sentez tendu ou nerveux.
Pour un panorama complet, voyez nos articles sur les effets secondaires et précautions d’usage et sur les effets indésirables de la maca. Si vous voulez aussi comprendre le sujet sous l’angle de la tension, notre page La maca : un allié inattendu pour votre pression artérielle ? complète cet article.
7. Qui doit demander un avis avant de commencer ?
Votre médecin traitant est l’interlocuteur numéro un, votre pharmacien un excellent relais pour vérifier les associations. Un avis préalable est particulièrement recommandé si :
- vous êtes traité pour une hypertension, quel que soit le médicament ;
- vous avez un syndrome métabolique, un diabète ou une insuffisance cardiaque ;
- vous prenez un antidépresseur ou un autre médicament au long cours, car certains passent par les enzymes du foie évoquées plus haut ;
- vous avez des antécédents hormonaux ou psychiatriques ;
- vous êtes enceinte ou vous allaitez.
Vous pouvez venir au rendez-vous avec la fiche du produit, la dose prévue et la liste de vos traitements. C’est le moyen le plus simple d’obtenir une réponse personnalisée en quelques minutes.
8. Bien choisir sa maca quand on est attentif à sa tension
La qualité compte, et la forme aussi. Une poudre de racine et un extrait concentré n’ont pas la même teneur en composants : c’est pourquoi les doses ne se transposent pas d’une forme à l’autre. Nous vous conseillons de lire attentivement l’étiquette : forme (poudre, gélules, extrait), dose journalière, origine et mentions de précaution.
Les variétés jaune, rouge et noire se distinguent aussi par leur profil et leurs usages habituels. Si vous souhaitez comprendre comment optimiser l’absorption de la poudre, notre article sur l’assimilation de la maca vous guide, et celui sur le bon moment pour la prendre vous aide à l’intégrer à votre routine, une fois l’accord de votre médecin en poche.
Notre point de vue
Nous aimons profondément la maca : c’est un superaliment traditionnel des Andes, que l’on découvre avec curiosité, et qui s’intègre bien dans une routine de vie saine. C’est précisément parce que nous y croyons que nous voulons en parler avec justesse.
Sur le sujet de la tension, notre conviction est simple. Les études sont trop contrastées pour promettre quoi que ce soit, et la sagesse consiste à intégrer la maca dans un cadre sûr : l’accord de votre médecin, une dose progressive, une qualité irréprochable, un suivi régulier de votre tension. Avec ces bases, la maca peut trouver sa place dans une hygiène de vie globale, aux côtés d’une alimentation équilibrée, d’une activité physique régulière et d’un bon sommeil.
C’est ce que nous défendons sur ce site : des guides pratiques, des analyses des études, des rubriques consacrées aux précautions, un calculateur de dosage, des recettes et des comparatifs des variétés. Notre but n’est pas de vous convaincre à tout prix, mais de vous donner les clés pour décider en confiance, et pour choisir, le moment venu, un produit qui vous convient.
David
Passer à l’action, en toute sérénité
Vous avez eu le feu vert de votre médecin ou de votre pharmacien et vous voulez démarrer en douceur ? Nous avons réuni sur notre site des repères pour choisir votre maca : poudre, gélules ou extraits, variétés, dosage et conseils pratiques. Retrouvez-les dans notre page la maca comme complément alimentaire et laissez-vous guider.

Pour intégrer la poudre à vos repas, découvrez aussi nos idées de maca avec repas : posologie, moment idéal et recettes.
Questions fréquentes
La maca fait-elle baisser la tension artérielle ?
Les études ne permettent pas de l’affirmer. Un essai de 175 adultes n’a montré aucun effet, une étude de 29 femmes postménopausées a rapporté une baisse de la diastolique, et une autre étude a observé une hausse modérée chez des personnes en syndrome métabolique. Elle ne doit donc pas être utilisée pour traiter une hypertension.
Peut-on prendre de la maca avec un traitement contre l’hypertension ?
Cela ne se décide pas seul. Les interactions sont peu documentées et un cas d’interaction avec un antidépresseur a été décrit chez un patient hypertendu. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, qui pourra examiner l’ensemble de vos traitements avant que vous commenciez.
La maca peut-elle faire monter la tension ?
Une hausse modérée de la pression diastolique a été observée en 2008 chez des personnes atteintes de syndrome métabolique, avec 600 mg par jour pendant 90 jours. Ce résultat n’a pas été retrouvé dans l’essai de 2016. Si vous avez de la tension, surveillez-la pendant la cure et signalez toute variation à votre médecin.
Quels effets secondaires faut-il connaître ?
Les plus souvent rapportés sont des troubles digestifs passagers, des maux de tête et de l’irritabilité, et une nervosité est parfois signalée au-delà de 3 g par jour. Commencer par une petite dose et augmenter progressivement aide à mieux repérer la tolérance.
Est-ce bon de prendre de la maca tous les jours ?
Les essais de référence s’étalent sur quelques semaines à quelques mois, avec des doses de l’ordre de 3 g par jour. Si vous envisagez une prise quotidienne, convenez de la dose et de la durée avec votre médecin, surtout en cas d’hypertension ou de traitement en cours.
Sources
- Screening, ACE-inhibitory mechanism and structure-activity relationship of peptides from maca protein (2023)
- Lepidium meyenii: a comprehensive review, Frontiers in Pharmacology (2024)
- Gonzales-Arimborgo et al., Pharmaceuticals (2016)
- Maca reduces blood pressure and depression, étude pilote (2014)
- Avis de l’Afssa du 2 juillet 2008
- Valentová et al., Maca and yacon (2008)
- Maca, fiche Vidal
- Avis de l’Afssa du 8 septembre 2004
- Santé Canada, décision sur l’extrait de racine de maca
- Siwek et al., adaptogènes et antidépresseurs (2023)
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Je m’appelle Mireille, et je suis une véritable passionnée de santé naturelle et de nutrition. Depuis des années, je m’intéresse aux compléments alimentaires, avec une affection particulière pour la maca, que je considère comme la reine des super-aliments !



