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Maca et Hashimoto : ce que l’on sait vraiment en 2026

Maca et thyroïdite de Hashimoto : TSH, goitrogènes, lévothyroxine, doses étudiées et précautions. Ce que disent les études, et quand parler à votre médecin.

Peut-on prendre de la maca quand on a une thyroïdite de Hashimoto ? Honnêtement, aucune étude ne l’a testée chez les personnes atteintes de cette maladie. Ce que nous avons, ce sont des essais sur la TSH chez des femmes ménopausées, des données de tolérance rassurantes sur quelques mois, un avis ancien de l’autorité sanitaire française sur la composition de la racine et une vraie question sur les médicaments thyroïdiens. Ensemble, faisons le tri, sans promesse miracle et sans alarmisme.

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En bref

  • Aucun essai clinique n’a évalué la maca chez des patients atteints de Hashimoto : elle ne soigne pas la maladie et ne remplace pas le traitement.
  • Dans un essai chez des femmes ménopausées, 3,3 g de maca par jour pendant six semaines n’ont pas modifié significativement la TSH.
  • La maca appartient aux crucifères (glucosinolates), mais la consommation ordinaire de ce type d’aliments est peu susceptible de provoquer une hypothyroïdie.
  • Si vous prenez de la lévothyroxine, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer, et faites suivre votre TSH.

Table des matières

Hashimoto en deux minutes : pourquoi on cherche des alliés naturels

La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune : le système immunitaire s’attaque peu à peu à la thyroïde. Elle peut évoluer vers l’hypothyroïdie, et en cas d’hypothyroïdie avérée, les recommandations rapportées par Vidal préconisent un traitement substitutif par lévothyroxine.

On comprend donc la fatigue, la frilosité, le moral en dents de scie qui poussent tant de personnes à chercher un coup de pouce du côté des plantes et des superaliments. La maca, réputée pour son côté tonifiant, arrive vite dans la liste. Mais « réputée » n’est pas « démontrée », et c’est tout l’enjeu de cet article.

Ce que la maca fait (et ne fait pas) selon les études

Les essais menés chez l’humain portent surtout sur la santé sexuelle, le désir, la fonction érectile et le bien-être ressenti. Une revue de 2024 indique que des recherches supplémentaires restent nécessaires. Une autre revue cite aussi des travaux sur la fonction sexuelle et un effet énergisant, entre autres pistes.

Rien, dans ces données, ne concerne la thyroïde auto-immune. Si vous voulez le panorama complet de ce qui est établi, nous l’avons détaillé dans notre page sur les études consacrées à la maca et dans notre guide sur les bienfaits de la maca.

Ce qu’on peut raisonnablement en retenir

  • La maca n’est pas un traitement de la thyroïde.
  • Son effet sur l’énergie est une piste, pas une garantie, et il ne dit rien de la cause d’une fatigue liée à une thyroïde déséquilibrée.
  • Une fatigue persistante mérite un bilan, pas seulement un complément.

Maca et TSH : ce que montre l’essai chez les femmes ménopausées

C’est la donnée la plus proche de votre question. Dans un essai croisé de 12 semaines réalisé chez 29 femmes ménopausées, une prise de 3,3 g de maca par jour pendant six semaines n’a pas modifié significativement la TSH.

Ce résultat est plutôt tranquillisant : sur cette dose et cette durée, la maca n’a pas fait bouger l’hormone que l’on surveille le plus en cas de Hashimoto. Mais lisons-le avec lucidité :

  • l’effectif est petit (29 personnes) ;
  • la durée est courte (six semaines de maca) ;
  • les participantes étaient des femmes ménopausées, pas des patientes suivies pour une thyroïdite auto-immune ;
  • une TSH stable ne dit rien sur les anticorps, ni sur l’effet à long terme.

Autrement dit : absence de signal, ce qui n’est pas une preuve d’innocuité. Pour un bilan et un suivi de la thyroïde, vous pouvez aussi vous appuyer sur une consultation en ligne dédiée à la thyroïde, en complément de votre médecin traitant.

Crucifères et goitrogènes : la maca est-elle à éviter ?

C’est la crainte la plus fréquente, et elle n’est pas sortie de nulle part. L’avis de l’Afssa du 8 septembre 2004 rappelle que la maca (Lepidium meyenii) appartient aux Brassicaceae, la famille du chou et du brocoli, qu’elle contient des glucosinolates, et que le tubercule est consommé bouilli ou frit, rarement cru.

Les glucosinolates sont à l’origine de la réputation « goitrogène » de ces aliments. Que dit la recherche ? Une revue du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (2022) estime qu’une consommation ordinaire de crucifères est peu susceptible de provoquer une hypothyroïdie ou une maladie auto-immune thyroïdienne. Elle cite un essai randomisé chez 267 personnes, dont 137 recevaient une boisson de pousses de brocoli pendant 12 semaines : ni les hormones thyroïdiennes ni les marqueurs d’auto-immunité n’ont changé. Le cas de coma myxœdémateux rapporté concernait une consommation allant jusqu’à 3 livres de bok choy cru par jour pendant plusieurs mois, soit un tout autre univers qu’une cuillère de poudre.

Quelques nuances utiles :

  • Ces données concernent les légumes crucifères, pas la poudre de maca elle-même.
  • La prudence reste de mise en cas de carence en iode : Vogue, citant des experts, rappelle que les goitrogènes pourraient interférer avec la fonction thyroïdienne dans ce contexte.
  • Les auteurs d’une revue sur les interventions nutritionnelles soulignent qu’il est difficile de tirer des conclusions univoques, entre autres à cause de la variété des interventions et de la taille des groupes, et que la variabilité des résultats peut tenir aux apports habituels en iode, en sélénium et en fer.

En pratique, la maca n’a donc pas de raison d’être diabolisée, ni d’être célébrée. Elle se range dans la catégorie « à utiliser avec bon sens et à surveiller ».

Maca et lévothyroxine : la question à poser avant de commencer

Si vous êtes sous lévothyroxine (Levothyrox ou équivalent), c’est le point le plus concret. Les notices de lévothyroxine précisent que de nombreux médicaments peuvent modifier la pharmacocinétique ou la réponse au traitement, ce qui peut imposer un ajustement de dose (monographie canadienne). Pour la maca, nous n’avons pas d’étude d’interaction : Vogue rapporte que les personnes sous médicaments thyroïdiens devraient être prudentes, faute de données sur l’usage prolongé.

Notre conseil d’amis bien informés :

  1. Prévenez votre médecin ou votre pharmacien avant de débuter.
  2. Ne changez jamais votre dose de lévothyroxine de votre propre initiative.
  3. Commencez par une dose modeste, un seul nouveau complément à la fois, pour savoir à quoi attribuer un éventuel changement.
  4. Faites contrôler votre TSH après quelques semaines, selon l’avis de votre médecin.
  5. Gardez la prise de lévothyroxine à distance de vos autres compléments, comme votre médecin ou votre pharmacien vous l’indiquera.

Nous avons consacré une page entière à ce sujet : maca et Levothyrox, ce que doivent savoir les patients.

Doses, durée, tolérance : les repères des études

Dans un essai randomisé contrôlé de 2016 mené chez 175 adultes, 3 g par jour d’extraits de maca rouge ou noire pendant 12 semaines ont été jugés sûrs et bien acceptés. La revue de 2024 rapporte une bonne tolérance générale et aucun effet indésirable grave dans les études humaines, avec tout de même des troubles gastro-intestinaux, des maux de tête et de l’irritabilité transitoires dans un essai. Elle considère la toxicité chez l’humain comme faible d’après les données disponibles.

Ce qu’on observe Repère
Dose dans l’essai sur la TSH 3,3 g/jour, six semaines
Dose dans l’essai de sécurité de 2016 3 g/jour, 12 semaines
Effets indésirables rapportés Troubles digestifs, maux de tête, irritabilité, transitoires
Données au-delà de quelques mois Insuffisantes

Le mot clé est « durée » : ces essais couvrent quelques semaines. Si vous suivez une cure, notez la date de début, observez votre ressenti et réévaluez avec votre médecin plutôt que de reconduire indéfiniment. Pour le détail des symptômes à surveiller, voyez les effets indésirables de la maca et nos précautions d’usage.

Ce que dit l’ancienne alerte française

En 2004, l’Afssa a relevé la présence d’alcaloïdes potentiellement dangereux, dont un dérivé de la méthyl-tétrahydro-carboline, et a demandé des données caractérisant la poudre et le produit fini pour évaluer les risques. Elle estimait aussi que le procédé traditionnel de préparation, avec une étape de chauffage, pourrait écarter le risque lié à certains composés.

Ce qu’on en retient pour acheter : les variétés, poudres et extraits n’ont pas tous la même composition. Préférez des produits dont le fabricant précise la variété (jaune, rouge, noire), l’origine et la forme, et si possible la préparation (poudre précuite, gélatinisée ou non). Sur ce choix, nos pages sur la maca jaune en poudre et la maca rouge en poudre donnent des repères.

Notre point de vue : prudence, curiosité et bon ordre des priorités

Nous aimons la maca, et nous le disons sans détour : c’est un trésor de la nature qui a ses atouts. Mais face à une maladie auto-immune, nous avons une règle simple, celle de l’ordre des priorités.

D’abord le diagnostic et le suivi : TSH, anticorps, traitement si besoin. Ensuite les fondamentaux : alimentation variée, apports suffisants en iode, sélénium et fer (sans supplémenter à l’aveugle, car l’excès n’est pas anodin), sommeil, gestion du stress. La maca, elle, n’arrive qu’en dernier, comme un petit plus facultatif et réversible. Si votre fatigue ne cède pas, ce n’est pas un signe qu’il faut augmenter la dose : c’est un signe qu’il faut en parler à votre médecin.

Ce que nous refusons de faire : promettre que la maca « rééquilibre la thyroïde ». Aucune donnée ne le permet, et nos lecteurs méritent mieux qu’un slogan.

— David

Comment l’intégrer sans prendre de risques

Si, après avis médical, vous souhaitez essayer :

  • Choisissez une forme simple : poudre à glisser dans un yaourt, un porridge ou un smoothie, ou gélules si vous préférez la régularité.
  • Démarrez bas : une demi-dose pendant une à deux semaines, puis montez vers les doses étudiées (autour de 3 g par jour) si tout va bien.
  • Limitez la durée : quelques semaines, puis pause et bilan.
  • Testez seul : ne lancez pas maca, ashwagandha et fucus le même jour ; en cas de réaction, vous ne sauriez pas quoi arrêter.
  • Surveillez : palpitations, nervosité, troubles digestifs, maux de tête ou changement de votre ressenti thyroïdien sont des raisons d’arrêter et de consulter.

Nos recettes et notre guide de la maca comme complément alimentaire vous aident à choisir la forme et à l’intégrer au quotidien, et notre page d’accueil rassemble nos guides, nos comparatifs de variétés et notre calculateur de dosage.

Qui devrait éviter de se lancer seul

Certaines situations demandent un avis préalable, et pas seulement une vérification en ligne :

  • Vous venez de découvrir un Hashimoto ou votre TSH n’est pas stabilisée : laissez d’abord le traitement trouver son équilibre, sans variable supplémentaire.
  • Vous prenez de la lévothyroxine ou un autre médicament : voir plus haut, pharmacien ou médecin en premier.
  • Vous êtes enceinte ou vous allaitez : les essais cités ne portent pas sur ces situations, demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme.
  • Vous avez des antécédents hormonaux (troubles du cycle, pathologie hormono-dépendante) : la maca est souvent présentée comme un régulateur, mais les données restent limitées ; consultez votre spécialiste. Nos pages sur la maca et l’équilibre hormonal précisent ce qu’on sait.

Ce qui aide davantage qu’une poudre

Les autres résultats de Google, sur l’alimentation et les oligoéléments, ont un point juste : la thyroïde a besoin d’iode, de sélénium et de zinc pour fonctionner. Mais, là aussi, la prudence s’impose : supplémenter sans bilan peut être contre-productif. L’approche qui tient la route est simple : bilan sanguin, traitement adapté, alimentation variée, activité physique douce, sommeil régulier. La maca peut s’y glisser comme un petit plus, pas comme un pilier.

Un coup de pouce pour choisir sereinement

Vous voulez essayer une maca de qualité, sans vous perdre entre variétés et formats ? Notre guide sur la maca comme complément alimentaire compare poudre, gélules et extraits, rappelle les précautions, et vous oriente vers des boutiques en ligne. Gardez le réflexe : parlez-en d’abord à votre médecin.

FAQ

La maca est-elle déconseillée en cas de Hashimoto ?

Elle n’est pas formellement interdite, mais elle n’a pas été étudiée chez les patients atteints de Hashimoto. Faute de données, et parce que la maca contient des glucosinolates comme les autres crucifères, il est sage d’en parler à votre médecin, surtout si vous prenez de la lévothyroxine.

La maca fait-elle monter ou baisser la TSH ?

Dans un essai chez 29 femmes ménopausées, 3,3 g par jour pendant six semaines n’ont pas modifié significativement la TSH. C’est un résultat rassurant mais limité : petit effectif, courte durée, et population différente de celle des patients atteints de Hashimoto.

La maca est-elle un goitrogène ?

Elle appartient à la famille des crucifères et contient des glucosinolates, ce qui la rapproche des aliments dits goitrogènes. Une consommation ordinaire de crucifères est toutefois peu susceptible de provoquer une hypothyroïdie, d’après une revue de 2022. La prudence concerne surtout les carences en iode.

Peut-on prendre de la maca avec du Levothyrox ?

Aucune étude d’interaction ne permet de l’affirmer ou de l’exclure. Prévenez votre médecin ou votre pharmacien, ne modifiez pas votre dose seul, et faites contrôler votre TSH après quelques semaines de cure.

Quelle dose de maca a été étudiée ?

Les essais cités ici utilisent environ 3 à 3,3 g par jour, sur six à douze semaines. Ces repères valent pour des adultes en bonne santé ou des femmes ménopausées : ils ne sont pas une prescription pour Hashimoto.

Sources

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